La mobilité durable : un défi pour l’hôtellerie de campagne

La mobilité durable : un défi pour l’hôtellerie de campagne

Les émissions de gaz à effet de serre du tourisme proviennent pour les trois quarts de la mobilité des touristes, selon l’Ademe. La voiture individuelle domine encore largement les séjours à la campagne, faute de transports en commun. Néanmoins, de nouveaux usages commencent à poindre : vélo, autopartage, véhicules électriques… Un véritable enjeu pour l’hôtellerie de campagne.

L’après-Covid a changé les comportements et ravivé l’intérêt des voyageurs pour la campagne. “Avec l’essor d’une clientèle désireuse de grands espaces et d’offres plus respectueuses de l’environnement depuis la crise sanitaire, les campagnes disposent d’une grande possibilité de développement. Cependant l’offre touristique et les potentiels de développement de ces campagnes sont inégaux et les enjeux de la mobilité sont essentiels”, pointe Sophie Ollier Daumas, présidente du Pôle Campagnes – Atout France. Aujourd’hui, le slow tourisme s’invite comme une tendance de fond : les clientèles adeptes de ce “tourisme lent” sont plus sensibles à l’impact de leurs déplacements et privilégient des destinations accessibles sans voiture. Elles choisissent prioritairement les transports en commun, le vélo, le voyage à pied, et attendent de vraies expériences de nature et de campagne.

Tous les chemins mènent à la gare

Dès lors, les hôtels de campagne chercheront à faciliter l’organisation du dernier kilomètre à partir de la gare ferroviaire ou routière. Ils peuvent ainsi passer des accords privilégiés avec des chauffeurs de taxis ou VTC, encourager leurs clients à faire appel à des services d’autopartage (Blablacar par exemple), ou développer leurs propres moyens de transport. Le Château-Hôtel Grand Barrail, un 5 étoiles situé à 4 kilomètres de Saint-Émilion, propose, gratuitement, sa navette électrique. “Pendant la haute saison, nous faisons six allers-retours par jour, de 10 heures à 22 heures. C’était une vraie demande : les clients ont de plus en plus envie de profiter d’un séjour sans leur voiture”, note le directeur général, Benjamin Robic.

Le vélo a la cote

Pour les hôtels implantés à proximité d’itinéraires vélo, le label Accueil Vélo est un plus : ces adresses s’engagent à disposer d’équipements adaptés (abri vélo sécurisé, kit de réparation), d’informations pratiques et de services dédiés aux voyageurs à vélo (transfert de bagages, lessive et séchage, location et lavage de vélo). Le groupe Logis Hôtels, dont les établissements sont espacés de 12 kilomètres en moyenne, a d’ailleurs créé sa propre charte Logis Vélo.

L’établissement peut orienter ses clients vers des applications comme Be Bike, location de vélos entre particuliers, ou Ouibike, sorte de Booking de la location de vélo. Il peut également louer des vélos (VTC, VTT, vélos électriques) auprès d’un prestataire extérieur qui assure le SAV et renouvelle régulièrement la flotte. “On a mis en place le programme La bulle verte. Le prestataire nous fournit à la fois une flotte de vélos électriques et une application qui propose quatre itinéraires de découverte autour de l’hôtel”, glisse Benjamin Robic.

Les bornes de recharge, un atout pour la clientèle d’affaires

L’implantation de bornes de recharges électriques pour automobiles permet d’accompagner la décarbonation des déplacements de la clientèle. Le Groupe Logis Hôtels a ainsi déployé un millier de bornes (la plupart du temps en concession). “Les bornes sont souvent demandées par les clients d’affaires, qui sont de plus en plus équipés de véhicules hybrides ou électriques. Cela joue dans le choix de l’hôtel”, remarque Lucas Emel, responsable RSE du groupe.

Sensibiliser la clientèle

Enfin, les acteurs de l’hôtellerie de campagne doivent sensibiliser leurs clients, et communiquer sur les différentes solutions existantes. Des rubriques “Comment venir sans voiture” ou “Quelles activités faire sans voiture” sont, par exemple, les bienvenues, tout comme la mise en avant de ces options durables à l’accueil ou en chambre. “Ne pas faire cette transition écologique et ne pas promouvoir les mobilités durables nous ferait perdre des clients”, assure Lucas Emel.

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