Énergie
Bornes électriques en hôtellerie en 2026 : conformité réglementaire ou levier stratégique ?
Les bornes électriques ne sont plus un service différenciant mais un standard réglementaire et stratégique. En 2026, la question n’est plus « faut-il s’équiper ? », mais comment structurer une solution durable, conforme et économiquement cohérente.
12 août 2026

Bornes électriques en hôtellerie : d’un avantage concurrentiel au standard attendu
À l’été 2026, le déploiement des bornes électriques continue de progresser dans l’hôtellerie française. Pour autant, une part encore importante des établissements reste aujourd’hui non équipée, soit par méconnaissance des obligations et des solutions disponibles, soit par manque de moyens ou par crainte d’avoir à supporter directement l’investissement et la gestion de ces équipements.
C’est pourtant tout l’intérêt du modèle du tiers investissement, qui permet à un hôtel de s’équiper sans mobiliser de CAPEX et, selon les solutions retenues, sans avoir à assurer directement l’exploitation, la maintenance ou la supervision des bornes.
Dans le même temps, une autre réalité apparaît sur le terrain : certains hôteliers ont signé depuis plusieurs mois, parfois plusieurs années, avec des opérateurs sans que les bornes soient encore mises en service, ou avec des travaux qui tardent à être finalisés. Le choix de l’opérateur, ses capacités réelles de déploiement et les engagements contractuels deviennent donc aussi importants que le modèle économique lui-même.
Au-delà de la réglementation, la recharge électrique constitue désormais un véritable service hôtelier. Pour une clientèle équipée d’un véhicule électrique, pouvoir recharger directement pendant son séjour simplifie l’expérience et peut participer au choix d’un établissement plutôt qu’un autre.
L’enjeu n’est donc plus seulement de savoir s’il faut s’équiper, mais comment le faire, avec quel modèle et surtout avec quel partenaire.
Loi LOM : obligations précises et responsabilité des propriétaires
La Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), issue de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019, a modifié le Code de la Construction et de l’Habitation, notamment via l’article L.111-18-5.
Ce que prévoit la réglementation
À compter du 1er janvier 2025, pour les bâtiments non résidentiels disposant de plus de 20 places de stationnement :
● Au moins un point de recharge doit être installé par tranche de 20 places de stationnement, avec au moins un emplacement adapté aux personnes à mobilité réduite.
● Au moins une place doit être adaptée aux personnes à mobilité réduite
● Les obligations concernent les établissements recevant du public, dont les hôtels
Le décret n°2024-1216 du 28 novembre 2024 est venu préciser l’entrée en vigueur et les modalités d’application, ainsi que les sanctions en cas de non-conformité pouvant atteindre 15 000 € par infraction.
Exemple concret : parking hôtel de 50 places
Pour un hôtel disposant de 50 places :
● 5 % = 2,5 → arrondi à 3 places minimum à équiper
● Dont au moins 1 place adaptée PMR
Si le parking a fait l’objet d’une rénovation lourde ou d’un permis postérieur au 11 mars 2021, des obligations de pré-équipement électrique s’ajoutent.
Une offre de service désormais attendue
Au-delà de la conformité réglementaire, la recharge électrique doit être envisagée comme un élément structurant de l’offre de service. Se limiter à installer le minimum légal expose à une solution sous-dimensionnée, peu visible et parfois mal intégrée à l’exploitation.
L’enjeu n’est donc pas seulement de “respecter la loi”, mais de proposer une infrastructure cohérente avec le positionnement de l’établissement, la typologie de clientèle et la durée moyenne de séjour.
En 2026, l’équipement en bornes électriques ne relève plus de l’anticipation. Il s’inscrit dans une mise à jour nécessaire de l’offre hôtelière.
Investissement direct : maîtrise totale mais exposition financière
L’achat de bornes IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicule Électrique) permet un contrôle intégral :
● Choix du matériel
● Politique tarifaire
● Exploitation
● Accès public ou réservé
Cependant, la réalité économique doit être analysée.
CAPEX
● Fourniture des bornes
● Génie civil
● Adaptation du réseau électrique
● Raccordement
● Éventuelle augmentation de puissance
OPEX
● Électricité
● Maintenance
● Supervision
● Mises à jour
● Gestion de la facturation
Risque technologique
Le marché IRVE évolue rapidement. Protocoles, puissances, interopérabilité, supervision à distance : l’obsolescence peut intervenir plus vite que prévu.
Acheter aujourd’hui signifie porter :
● Le risque technique
● Le risque réglementaire futur
● Le risque énergétique
L’investissement direct se justifie principalement dans des cas spécifiques : centre-ville à capacité limitée, stratégie de contrôle total, absence d’offre en tiers investissement.
Tiers investissement : un modèle dominant en 2026
Pour une majorité d’hôtels, le tiers investissement constitue une solution plus cohérente.
Aucun CAPEX, aucun OPEX
L’opérateur :
● Bornes connectées
● Supervision à distance
● Maintenance préventive
● Mise à jour logicielle
● SAV réactif
Selon les montages, l’électricité est supportée par un point de livraison indépendant ou via un sous-compteur dédié. L’hôtelier ne supporte ni coût d’installation ni coût d’exploitation.
Préservation de la capacité d’investissement
En période de taux élevés, préserver la capacité d’endettement pour des rénovations chambres ou F&B est stratégique. Le tiers investissement évite d’immobiliser du capital sur un actif technologique.
Accès à des bornes dernière génération
Les opérateurs spécialisés déploient :
● Bornes connectées
● Supervision à distance
● Maintenance préventive
● Mise à jour logicielle
● SAV réactif
L’hôtelier se concentre sur son métier : l’exploitation.
Réalité du marché 2026
Le maillage national est largement avancé. Les opérateurs sélectionnent désormais :
● Emplacements visibles
● Flux suffisants
● Accessibilité 24h/24
● Nombre minimal de places
Les offres existent encore, mais elles deviennent de plus en plus sélectives.
Parking hôtel : un actif stratégique
Un parking équipé :
● Améliore le référencement sur les plateformes spécialisées
● Génère un flux additionnel
● Peut contribuer à l’obtention de points dans la grille de classement Atout France
● Renforce l’image RSE et peut soutenir une démarche de labellisation environnementale type Clef Verte
La recharge électrique devient un élément d’expérience client.
La Loi LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) impose un cadre. Mais réduire les bornes électriques à une contrainte réglementaire serait une erreur d’analyse.
En 2026, la recharge s’inscrit dans l’expérience globale du séjour. Elle participe à la perception de modernité, de service et d’engagement environnemental.
Le tiers investissement reste, dans de nombreux cas, une solution économiquement pertinente, à condition toutefois de sécuriser le choix de l’opérateur et les conditions contractuelles sur la durée.
L’enjeu n’est donc plus seulement d’installer des bornes, mais de structurer une infrastructure adaptée au site et de s’engager avec un partenaire capable de la déployer, de l’exploiter et de la maintenir dans la durée.
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Crédit photo : QOVOLTIS


