Bornes électriques en hôtellerie : d’un avantage concurrentiel au standard attendu
En 2026, l’installation de bornes électriques dans un parking d’hôtel n’est plus un argument marketing isolé. Elle s’inscrit dans une évolution structurelle de la mobilité.
L’électrification du parc automobile français progresse, et le temps de stationnement hôtelier correspond parfaitement aux besoins de recharge longue durée. Le parking devient un point d’infrastructure.
Ce qui était un élément différenciant en 2020 est désormais un standard attendu. L’absence d’équipement peut écarter un établissement de la décision finale, notamment sur les axes routiers, les périphéries urbaines et les zones d’activité.
Pour un hôtel, s’équiper en bornes électriques devient progressivement une norme d’exploitation. Ce n’est plus uniquement un équipement technique, mais un service attendu, au même titre que le Wi-Fi haut débit ou la climatisation. L’absence de solution de recharge peut aujourd’hui générer une friction dans l’expérience client et impacter la décision de réservation.
Loi LOM : obligations précises et responsabilité des propriétaires
La Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), issue de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019, a modifié le Code de la Construction et de l’Habitation, notamment via l’article L.111-18-5.
Ce que prévoit la réglementation
À compter du 1er janvier 2025, pour les bâtiments non résidentiels disposant de plus de 20 places de stationnement :
● Au moins 5 % des places doivent être équipées de bornes de recharge IRVE
● Au moins une place doit être adaptée aux personnes à mobilité réduite
● Les obligations concernent les établissements recevant du public, dont les hôtels
Le décret n°2024-1216 du 28 novembre 2024 est venu préciser l’entrée en vigueur et les modalités d’application, ainsi que les sanctions en cas de non-conformité pouvant atteindre 15 000 € par infraction.
Exemple concret : parking hôtel de 50 places
Pour un hôtel disposant de 50 places :
● 5 % = 2,5 → arrondi à 3 places minimum à équiper
● Dont au moins 1 place adaptée PMR
Si le parking a fait l’objet d’une rénovation lourde ou d’un permis postérieur au 11 mars 2021, des obligations de pré-équipement électrique s’ajoutent.
Une offre de service désormais attendue
Au-delà de la conformité réglementaire, la recharge électrique doit être envisagée comme un élément structurant de l’offre de service. Se limiter à installer le minimum légal expose à une solution sous-dimensionnée, peu visible et parfois mal intégrée à l’exploitation.
L’enjeu n’est donc pas seulement de “respecter la loi”, mais de proposer une infrastructure cohérente avec le positionnement de l’établissement, la typologie de clientèle et la durée moyenne de séjour.
En 2026, l’équipement en bornes électriques ne relève plus de l’anticipation. Il s’inscrit dans une mise à jour nécessaire de l’offre hôtelière.
Investissement direct : maîtrise totale mais exposition financière
L’achat de bornes IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicule Électrique) permet un contrôle intégral :
● Choix du matériel
● Politique tarifaire
● Exploitation
● Accès public ou réservé
Cependant, la réalité économique doit être analysée.
CAPEX
● Fourniture des bornes
● Génie civil
● Adaptation du réseau électrique
● Raccordement
● Éventuelle augmentation de puissance
OPEX
● Électricité
● Maintenance
● Supervision
● Mises à jour
● Gestion de la facturation
Risque technologique
Le marché IRVE évolue rapidement. Protocoles, puissances, interopérabilité, supervision à distance : l’obsolescence peut intervenir plus vite que prévu.
Acheter aujourd’hui signifie porter :
● Le risque technique
● Le risque réglementaire futur
● Le risque énergétique
L’investissement direct se justifie principalement dans des cas spécifiques : centre-ville à capacité limitée, stratégie de contrôle total, absence d’offre en tiers investissement.
Tiers investissement : un modèle dominant en 2026
Pour une majorité d’hôtels, le tiers investissement constitue une solution plus cohérente.
Aucun CAPEX, aucun OPEX
L’opérateur :
● Bornes connectées
● Supervision à distance
● Maintenance préventive
● Mise à jour logicielle
● SAV réactif
Selon les montages, l’électricité est supportée par un point de livraison indépendant ou via un sous-compteur dédié. L’hôtelier ne supporte ni coût d’installation ni coût d’exploitation.
Préservation de la capacité d’investissement
En période de taux élevés, préserver la capacité d’endettement pour des rénovations chambres ou F&B est stratégique. Le tiers investissement évite d’immobiliser du capital sur un actif technologique.
Accès à des bornes dernière génération
Les opérateurs spécialisés déploient :
● Bornes connectées
● Supervision à distance
● Maintenance préventive
● Mise à jour logicielle
● SAV réactif
L’hôtelier se concentre sur son métier : l’exploitation.
Réalité du marché 2026
Le maillage national est largement avancé. Les opérateurs sélectionnent désormais :
● Emplacements visibles
● Flux suffisants
● Accessibilité 24h/24
● Nombre minimal de places
Les offres existent encore, mais elles deviennent de plus en plus sélectives.
Parking hôtel : un actif stratégique
Un parking équipé :
● Améliore le référencement sur les plateformes spécialisées
● Génère un flux additionnel
● Peut contribuer à l’obtention de points dans la grille de classement Atout France
● Renforce l’image RSE et peut soutenir une démarche de labellisation environnementale type Clef Verte
La recharge électrique devient un élément d’expérience client.
La Loi LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) impose un cadre. Mais réduire les bornes électriques à une contrainte réglementaire serait une erreur d’analyse.
En 2026, la recharge s’inscrit dans l’expérience globale du séjour. Elle participe à la perception de modernité, de service et d’engagement environnemental.
Le tiers investissement apparaît, dans la majorité des cas, comme la solution économiquement rationnelle, permettant d’éviter immobilisation de capital et exposition technique.
L’enjeu n’est plus d’anticiper. Il est de structurer intelligemment son infrastructure.
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Notre rôle : vous aider à structurer votre réflexion, comparer les options et sélectionner le partenaire adapté à votre site.
La FAQ SH – En savoir plus sur les bornes électriques en hôtellerie
Parce qu’il n’implique aucun investissement pour l’hôtelier, ni CAPEX ni OPEX. L’opérateur finance, installe, exploite et maintient. Le raccordement peut être indépendant, limitant l’exposition aux fluctuations du prix de l’énergie.
Principalement lorsque la capacité de parking est limitée et stratégique, ou en centre-ville, où le contrôle total de l’exploitation peut constituer un avantage.
Article L.111-18-5 du CCH : à partir du 1er janvier 2025, tout hôtel disposant de plus de 20 places doit équiper au moins 5 % des emplacements en bornes IRVE, avec au minimum une place PMR. Un hôtel de 50 places doit installer au moins 3 bornes dont une PMR. Les sanctions peuvent atteindre 15 000 €.
Les opérateurs sont devenus sélectifs. Il convient de vérifier références, solidité financière et conditions contractuelles. Dans le cadre de ses missions, Stratégie Hôtel référence des opérateurs spécialisés en hôtellerie, en achat comme en tiers investissement, disposant de références auprès des principales enseignes françaises.
Dans la majorité des cas, la relation est encadrée par un bail commercial ou un bail civil, selon le montage retenu et le niveau d’investissement réalisé par l’opérateur.
En tiers investissement, l’opérateur finance l’installation, le raccordement, l’exploitation et la maintenance des bornes. Compte tenu du montant engagé et du temps nécessaire pour amortir l’infrastructure, la durée contractuelle est généralement comprise entre 10 et 15 ans, parfois davantage selon la puissance des bornes installées et la complexité du raccordement.
Cette durée permet à l’opérateur de sécuriser son retour sur investissement, tout en garantissant à l’hôtelier une solution stable et exploitée sur le long terme. Il est donc essentiel d’analyser attentivement les clauses de résiliation, d’évolution technologique et de partage de revenus avant signature.
Il faut généralement prévoir 8 à 12 mois entre la signature du contrat et la mise en service effective des bornes. Les délais annoncés de 3 à 6 mois sont rarement réalistes dès lors qu’un véritable raccordement électrique est nécessaire.
Plusieurs facteurs expliquent cette durée.
D’abord, les études techniques préalables : analyse de puissance disponible, étude de charge, dimensionnement des infrastructures, validation du schéma électrique. Ces étapes sont indispensables pour éviter toute saturation du réseau existant.
Ensuite, les délais liés à ENEDIS. Le gestionnaire de réseau impose ses propres calendriers d’instruction et d’intervention, sur lesquels ni l’opérateur ni l’hôtelier n’ont de maîtrise directe. L’obtention d’un nouveau point de livraison (PDL), notamment lorsqu’un raccordement indépendant est prévu, peut allonger significativement le calendrier.
Le raccordement lui-même implique souvent des travaux :
Création de tranchées, pose de fourreaux, tirage de câbles, adaptation du poste de livraison ou renforcement de puissance. Ces opérations nécessitent coordination, autorisations et parfois interventions sur voirie.
Dans le cas d’une station en supercharge, les délais peuvent être encore plus longs. Il est fréquemment nécessaire d’installer ou d’adapter un TGBT (Tableau Général Basse Tension), de renforcer l’infrastructure électrique du site et, selon la configuration, de déposer une Déclaration Préalable (DP) en mairie. Ces étapes administratives et techniques peuvent ajouter plusieurs mois supplémentaires.
En résumé, un projet IRVE doit être anticipé. La phase contractuelle n’est que le point de départ d’un processus technique et réglementaire structuré, dont les délais doivent être intégrés dans la planification globale de l’établissement.
En tiers investissement, oui il est possible de négocier une redevance, mais le modèle de rémunération dépend fortement du type de bornes installées, du modèle économique de l’opérateur sélectionné et du potentiel du site.
En pratique, près de 80 % des projets IRVE en hôtellerie concernent des bornes en courant alternatif (AC), généralement en 22 kW. Pour ce type d’infrastructure (bornes AC 22 kW), l’équilibre économique repose principalement sur l’usage par la clientèle de l’hôtel (clients hébergés et éventuellement visiteurs), et non sur un trafic externe important comme c’est le cas des stations rapides implantées sur des axes structurants.
Dans ce cadre, la rémunération proposée au propriétaire prend généralement deux formes :
● soit un pourcentage variable du chiffre d’affaires réalisé par l’opérateur (souvent autour de 5 %)
● soit un forfait fixe annuel par borne, généralement de quelques centaines d’euros
Il convient toutefois de préciser que cette rémunération n’est pas systématique. Sur certains montages en tiers investissement, notamment lorsque le potentiel de consommation est limité, l’opérateur peut privilégier un modèle sans redevance mais avec prise en charge intégrale des CAPEX et OPEX.
La logique change sensiblement lorsqu’il s’agit de bornes en courant continu (DC), dites supercharge, entre 150 et 300 kW. Si l’hôtel dispose d’un emplacement premium, visible, accessible 24h/24 et situé à proximité d’un axe structurant, l’attractivité du site augmente fortement.
Dans ce cas, le modèle économique peut devenir plus intéressant pour le propriétaire. Il peut inclure :
● une part variable sur le chiffre d’affaires réalisé,
● et une part fixe mensuelle par borne installée, souvent comprise entre 50 et 150 € par borne et par mois, selon la puissance et le trafic attendu
Néanmoins, il est important de replacer la rémunération dans sa juste perspective.
La rentabilité première d’un projet IRVE ne repose pas uniquement sur la redevance perçue. Elle réside d’abord dans la prise en charge globale des coûts : financement de l’installation, maintenance, exploitation, gestion des abonnements électriques et du risque d’obsolescence technologique.
À cela s’ajoute une valeur indirecte significative : amélioration de la qualité de service pour les clients, différenciation concurrentielle, génération de flux additionnel en restauration ou bar pendant le temps de charge, et possibilité d’intégrer ce service sur le site officiel et les OTA afin de capter des réservations supplémentaires.
La borne devient alors un levier d’attractivité et de performance globale, bien au-delà de la seule logique de loyer.
Les bornes AC (courant alternatif), généralement en 7 à 22 kW, sont dites “semi-rapides”.
Elles conviennent parfaitement aux hôtels car la recharge s’effectue pendant la durée du séjour (nuit, dîner, réunion). L’investissement est plus modéré et l’impact sur l’infrastructure électrique reste maîtrisé.
Les bornes DC (courant continu), de 50 à 300 kW et plus, sont des bornes rapides ou supercharge.
Elles permettent une recharge en 20 à 45 minutes selon la puissance. Elles s’adressent davantage à des emplacements très visibles, accessibles 24h/24, proches d’axes structurants. En contrepartie, elles nécessitent des puissances électriques importantes, des travaux plus lourds et un modèle économique orienté trafic externe.
Oui, mais sous conditions strictes : minimum 6 à 8 places, accessibilité 24h/24, forte visibilité, proximité immédiate d’axes structurants. Stratégie Hôtel a identifié les opérateurs encore actifs sur ce segment.