Hôtellerie : la tourmente annoncée

Extrait de l'article du rédigé par TourMag, relayé par Stratégie Hôtel.

L’industrie hôtelière, on le sait, a été très touchée par la crise. Certains estiment que 30% des entreprises risquent de disparaître au premier trimestre 2021, d’autres font état d’une diminution égale à 20% de la capacité hôtelière en Europe, alors que la Banque de France estime de son côté à 29% le nombre de défaillances en données glissées sur l’année. Qu’en pense un le directeur national de KPMG Hospitality ?

“On aura toujours une clientèle pour toutes les catégories et typologies d’hôtels. La seule chose qui change, c’est le fait pour les hôtels d’avoir une offre de services plus variée pour mieux rentabiliser les investissements et les espaces mis à disposition de la clientèle local ou de passage : co-working, épiceries, offres diverses de restauration, etc…” – Depositphotos.com kyrien
Tout d’abord, donnez-vous votre avis en général ?

S.Botz : Il est encore aujourd’hui impossible de dire combien d’entreprises devront baisser le rideau à ce stade étant donné les aides massives de l’État injectées sur le secteur. D’ailleurs quand on parle de 30% on parle davantage de restaurants que d’hôtels.

En ce qui concerne les hôtels la question se pose autour de deux catégories d’acteurs bien distincts : les propriétaires bailleurs ou propriétaire-exploitant d’une part, et les locataires d’autre part.

Ceux-ci bénéficient pour le moment d’une panoplie d’aides tout à fait exemplaires, proposées par l’État pour pallier l’absence de flux entrants. Toute la question est de savoir jusqu’à quand ces aides tiendront et permettront de payer d’une part les charges et d’autres part les loyers, pour les propriétaires de fonds de commerce seuls.

Quels sont les secteurs les plus fragilisés ?

S.Botz : A mon avis, il existe trois catégories d’acteurs qui souffrent plus que d’autres ! Les mono-propriétaires d’un fonds de commerce, situés en zone urbaine.

Les hôtels de catégorie 4 et 5 étoiles, situés en zone urbaine. Les propriétaires ont reçu déjà des reports de leur banque jusqu’à 24 mois pour le remboursement de leur capital, en sus des aides de l’État ;

Les propriétaires qui ont fait des investissements importants, avec des effets de leviers de dettes élevés et dont l’absence de trésorerie cumulée à court terme peut forcément poser le problème du redémarrage post-Covid.

Des solutions sont-elles prévues pour ces catégories en difficulté ?

S.Botz : Depuis peu l’État, par l’intermédiaire de sa filiale BPI ou la Caisse des dépôts s’est engagé à intervenir auprès de certaines PME et à recapitaliser certains groupes, le plus souvent des groupes ou familles hôtelières ancrées dans leurs territoires.

Les groupes, pour autant ne sont pas épargnés. Le groupe Accor doit faire face aujourd’hui à la recapitalisation d’Accorinvest, filiale à hauteur de 30% du capital. Cette recapitalisation doit être envisagée avec le soutien de ses actionnaires principaux.

Par ailleurs, rentre aussi dans la discussion le problème des loyers fixes et des loyers variables, autre pierre d’achoppement dans les discussions, pour laquelle une solution doit être trouvée.

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